lundi, avril 23, 2007

Le paradoxe

L'entreprise, au sens générique du terme, accepte et reconnaît désormais les salariés comme étant des acteurs à part entière dans l'organisation. Mais en devenant maître de leur carrière, on enlève, en quelques sortes, aux individus la possibilité de se reposer sur leurs acquis, de rejeter leurs problèmes professionnels, leur manque de motivation, sur leur entreprise. En effet, de nombreuses solutions existent actuellement pour accroitre son employabilité: bilan de compétences pouvant déboucher sur des plans de formations de plus ou moins longue durée.
Mais construire, s'engager dans un projet professionnel nouveau, c'est dépasser la routine, l'habitus. En quelque sorte, c'est rompre avec la facilité. C'est pour ça que la motivation et un caractère fort, de battant sont des éléments essentiels. Ainsi, la gestion des compétences, au niveau personnel ou au niveau des entreprises peut entraîner des écarts encore plus importants entre ceux qui ont la capacité à se remettre en question régulièrement et facilement, ceux qui sont avides de changements, et les autres. En effet, sans émettre de jugements, une bonne partie des salariés résistant aux changements ou démotivés pour des raisons diverses, mais non moins valables, risquent d'être de plus en plus mis à l'écart ou au pire mis en marge du marché de l'emploi.
En conclusion, si la gestion des compétences permet de meilleures adéquations entre les aspirations professionnelles, les possiblités de l'employé et les besoins de l'entreprise, elle accentue, également, la pression qui pèse sur ces derniers: la nécessité d'être constamment au top, motivés et performants.


Source: Françoise Kerlan, "guide de la gestion prévisonnelle des emplois et des compétences", edition d'organisation, 2004.

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